Allez, ça ira...

Publié le par imaginer

Allez, ça ira...

Je n'en peux plus de cette phrase dite sans y penser par des gens qui disent s'intéresser à vous.... Non ça n'ira pas forcément, non. Pourquoi faire semblant que les problèmes, les peines n'existent pas ? Oui nous avons des chagrins et ces mots dits sans les penser je n'en peux plus. Je ne les dis pas... Quand quelqu'un me confie ses peines, si je n'ai pas de vrais mots avec un vrai sens, je le prends dans mes bras sans rien dire. Mais je ne prononce pas cette phrase tellement bateau, et finalement si révélatrice du peu d'intérêt que chacun porte aux autres.

Ils sont peu nombreux les vrais amis, ceux qui s'intéressent les uns aux autres. C'est comme ça, ce n'est pas très grave finalement. Je me suis rendue compte au cours de ces deux dernières années, de ceux qui comptent vraiment pour moi. J'ai éliminé beaucoup de gens de mon entourage, et je m'en porte d'autant mieux.

En ce moment, quelqu'un dont je viens juste de faire la connaissance (une collègue) veut à tout prix devenir mon amie. Et moi, je n'en ai pas envie. Comment lui faire comprendre que je n'ai pas envie qu'elle déboule dans mon bureau plusieurs fois par jour et me raconte sa vie. Me disant que nous devenons amies que c'est bien... Qu'elle voudrait qu'on se voit à l'extérieur. Mais non... Elle ne se rend pas compte que je l'écoute en pensant à autre chose (en l'occurrence que je perds du temps dans mon travail) et que de mon côté je ne dis rien, ne révèle rien de moi... Je n'aime pas qu'on m'impose quoique ce soit, et encore moi quand il s'agit de sentiments.

Fin de l'aparté....

Maintenant que je n'ai plus du tout de molécule de Prozac en moi, je sais ce que je veux, qui j'ai envie de fréquenter.

L'arrêt total m'a procuré des désagréments pendant quelques jours. Je n'en prenais pourtant que très peu, un demi tous les deux jours, mais, comme m'avait prévenue le psy, débarrasser totalement mon corps de la molécule pouvait être délicat.

Pendant quelques jours, j'ai eu des démangeaisons terribles, la peau rouge, des boutons irritants. Des vomissements. Des nuits sans sommeil. De l'anxiété (pas de l'angoisse, juste de l'anxiété), de l'agressivité. Et maintenant c'est passé, il me semble en tout cas.

Je suis fatiguée, mais ça, c'est dû plutôt aux allers-retours à pieds sous la pluie, le vent glacial, et non à l'arrêt du Prozac.

Je me sens plutôt apaisée, j'observe l'agressivité des gens dans la rue, dans les voitures, les pugilats causés par les grèves, la nervosité de tous ceux subissent face à ceux qui soutiennent les grévistes... J'observe et je souris, au moins les gens se parlent, même si c'est pour s'engueuler...

Je vois le psy demain soir... enfin si je peux y arriver à l'heure, pas évident... Va falloir marcher encore plus que d'habitude, et ma douleur au mollet s'est réveillée, et le nerf sciatique de la fesse gauche me fait souffrir... beaucoup....

Hier chez JC nous avons fait une séance douce, beaucoup d'étirements, mes muscles sont terriblement contractés avec ces marches dans le froid, arrivant trempée au bureau, en portant mon sac, mon ordi, mes chaussures, puisque je marche en baskets.

En rentrant du sport, j'ai pris une douche chaude, et avec Chéri nous sommes allés déjeuner dans le resto vietnamien que nous aimons beaucoup, et qui n'est qu'à 30 minutes à pieds de chez nous.

Je me suis régalée d'une soupe aux herbes et tomates avec ragoût de boeuf, juste un peu pimenté, et de champignons noirs croquants.

Nous sommes rentrés, avec dans l'idée de regarder un film tranquillement installés sous un plaid quand c'est là que le week-end s'est méchamment gâté ! Mon frère m'a appelée, il était chez mes parents. En plus d'y aller le mercredi en ce moment il y va aussi le samedi,  puisque je suis bloquée à Paris.

Donc mon frère a trouvé mon père plus confus encore que d'habitude et complètement amorphe. Ma mère lui a dit qu'il est tombé dans le salon jeudi après-midi. Et qu'ils n'ont pas appelé le médecin, ni nous. Toujours cette peur de déranger qu'ils ont... Mais que depuis mon père reste couché en dehors des repas tellement il est fatigué, qu'il n'a même pas la force de faire sa toilette.

J'ai dit à mon frère que j'appelais tout de suite leur généraliste, j'ai senti que mon frère était lui aussi démuni, à m'appeler moi, avant d'appeler le médecin. La généraliste ne consulte pas le samedi après-midi, mais a eu la gentillesse de me répondre. Je lui ai dit que j'allais appeler SOS médecins, elle m'a répondu que ça n'existe pas dans les Ardennes (?!?!?!) et qu'il était plus prudent d'appeler le SAMU, vu l'état de mon père ces derniers mois, une chute peut être pleine de conséquences non visibles.

J'ai donc appelé le SAMU (oui, je sais, ce n'est pas logique, moi à Paris alors que mon frère était chez mes parents, mais c'est comme ça, mon frère était inquiet alors son réflexe a été de m'appeler). Bref, le SAMU est de suite allé chercher mon père qui a été hospitalisé.

Quel soulagement. Au moins il va avoir tous les examens nécessaires, se reposer. Et ma mère aussi va se reposer quelques jours.

Comme c'est également les grèves dans les hôpitaux (et il n'y en a qu'un à Charleville), il a été mis dans le service de médecine infectieuse, au lieu de médecine interne.

Ce matin j'ai appelé le service, car ma mère ne savait pas trop bien me dire ce qu'on lui avait expliqué, et l'infirmière m'a dit que mon père a déjà eu pas mal d'examens cardiaques, ça ne vient pas de là. Ouf, au moins, ce n'est pas encore un AVC de plus qui a provoqué la chute. Il en a déjà eu plusieurs qui l'ont tellement amoindri. Dès demain ils feront bilan sanguin complet, scanner, IRM...

Il est extrêmement confus, plus encore que la dernière fois quand je l'ai vu en novembre, et très affaibli. L'infirmière m'a dit que ce matin quand ils lui ont fait sa toilette, il ne tenait pas debout. Il a dormi jusqu'à 10h30 ce matin, quand les infirmières l'ont réveillé, il pensait que c'était la nuit....

Mon père n'a pas de maladie, il est juste comme une bougie en train de s'éteindre, dont la flamme vacille...

En début d'après-midi mon frère est revenu de Reims, et a emmené ma mère à l'hôpital. Ils m'ont appelée vers 15 heures, mon frère m'a dit "Papa veut te parler, il ne cesse de te réclamer". Je lui ai parlé une ou deux minutes, il m'a demandé pourquoi j'ai ainsi disparu sans donner de nouvelles. (Oui depuis deux ans, ils ont l'habitude que j'y aille vraiment régulièrement et là avec les grève, je n'ai pas pu y aller depuis un mois).

J'ai un beaucoup de mal à retenir mes larmes.

Je lui ai demandé s'il était fatigué, il m'a dit que non, il ne savait pas très bien où il était...

En raccrochant, je me suis mise à l'abri dans les bras de Chéri. Je sais qu'on doit se préparer à accompagner mon père... Il faut que je trouve le moyen d'aller voir mes parents. Mais... pas de TGV. Et pas de transport pour aller à la gare. Si je loue une voiture, des centaines de kilomètres de bouchons autour de Paris...

Bon je verrai d'ici le week-end prochain.

Ce matin, tandis que Chéri dormait encore, et devait aller au marché après son réveil, je suis allée prendre le petit déjeuner chez une amie. Ces deux heures passées chez elle m'ont fait du bien. Elle habite à dix minutes à pieds de chez nous donc ça va. Je suis arrivée avec un pain aux céréales et une brioche, et nous avons pris un chouette petit déjeuner.

Pour moi deux tranches de pain beurrées et une clémentine, un grand café. Et elle m'a fait boire un truc à base de gelée royale, ginseng, enfin un truc qui rebooste a-t-elle dit.

Elle a allumé sa télévision et mis en fonds un feu de bois, et des chants de Noël.

Je suis rentrée à 13 heures, Chéri avait fait le marché, nous avons déjeuné d'une saucisse de poulet et de salade de lentilles.

C'est là que mon frère m'a appelée de l'hôpital. Ensuite, je suis allée m'étendre pour lire, et me suis endormie une heure et demi.

En me levant, je me suis rendue compte que je n'avais pas ouvert mes cases des calendriers de l'Avent du 15, alors je l'ai fait.

Bon, voilà les  dernières nouvelles. Il est 20 heures, je viens d'appeler ma mère. Elle est plus tranquille, rassurée de savoir mon père entre de bonnes mains.

Elle s'est fait un petit plateau repas qu'elle a mangé au coin du feu.

Ce n'est pas aujourd'hui que je vais vous parler alimentation du coup, mais ce n'est que partie remise. Je vais dîner, Chéri nous prépare une soupe carottes-curry, j'adore !

Passez une douce soirée, veillez sur ceux que vous aimez, et n'ayons aucune honte, disons nous qu'on s'aime quand on a envie de le dire:-)

PS : Z'avez vu comme il beau le sapin à mon boulot ?

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le-gout-des-autres 18/12/2019 15:38

"Pendant quelques jours, j'ai eu des démangeaisons terribles, la peau rouge, des boutons irritants. Des vomissements. Des nuits sans sommeil. De l'anxiété (pas de l'angoisse, juste de l'anxiété), de l'agressivité."

Le syndrome du manque, ça...

PaoDora 16/12/2019 16:58

chère Claude, tout ce que tu racontes me touche et notamment tes parents. J'ai peur de ne pas être aussi forte qu'il le fzudrait le moment venu. Je t'admire et tu te bats toujours comme une lionne. Je t'embrasse fort et vous envoie de douces pensées à tous <3

Julie 16/12/2019 16:07

Bonjour Claude ou Imaginer, je ne sais trop comment t'appeler en parlant en live.
une collègue) veut à tout prix devenir mon amie. Et moi, je n'en ai pas envie.
C'est ce que je ressens quand des personnes ont eu envie de copiner avec moi et que je n'en avais pas du tout envie…copiner avec des gens qui ne t'écoutent pas, mais n'arrêtent pas de raconter leur vie, sans que tu puisses, toi, en placer une, je déteste ça...Pour ça que j'ai eu peu d'amies dans ma vie, des vraies. Celles que j'ai eu, sont mortes ou habitent trop loin...Alors, quand des voisines (puisque retraitée) veulent s'incruster chez moi, je me terre et évite surtout de les inviter chez moi, leur parler de la pluie et du beau temps dans la rue me suffit.
Sinon, quoi te dire sur ton père ? C'est bien que ton frère soit proche d'eux..Ma belle-mère qui était en très mauvaise santé, avait 2 enfants sur place et 2 merveilleux gendre et belle-fille qui étaient aux petits soins avec elle. C'est dire comme nous étions soulagés, ceux qui étaient plus loin..
Quant aux grèves, il est vrai que c'est facile pour nous retraités qui habitons la province d'être de leur côté. Je me demande comment font mes neveux et nièces qui habitent Paris et la région parisienne...Tout le monde est au bout du rouleau. Il faudrait tout le moins faire la trêve des confiseurs. Mais, après, hein, pas facile de recommencer à manifester !
ps : j'aime bien te lire, même si je ne commente pas toujours. Mais, ça, c'est à cause de mes longs commentaires. Si j'osais, je dirais bien comment m'a appelé un sale type qui se moque de moi sur mon blog..Mais non, je ne le dirai pas, enfin, pas ici..

Nina 16/12/2019 11:24

Oui, voir vieillir ses parents est angoissant. Quant à la grève...

Moune 15/12/2019 22:27

Ha mince, comme c'est compliqué de veiller sur ceux que l'on aime avec la distance. C'est ce que craint mon fils. J'espère que les choses vont pouvoir se faire en douceur pour tes parents, je sais combien cela peut-être générateur d'angoisse et de culpabilité. Bon courage à toi et à eux. Moi au boulot personne ne veut copiner, ça me fait bizarre, pourtant je ne tiens pas au copinage, ces relations de travail c'est compliqué. Je t'envoie des bises bretonnes iodées ????